Al Hoceima-Midar
La neuvième étape entre Al Hoceima et Midar en passant par Kassita sur une distance de 98 Km.
Le réveil à 6h du matin cette fois et comme d’habitude après le réveil, j’ai fait mes prières, j’ai ramassé mes affaires, je me suis massé les jambes et j’ai fait des mouvements dans la chambre pour détendre mes muscles et les réchauffer aussi avant de prendre la route puis je suis sorti de l’hôtel pour aller prendre mon petit déjeuner. Cette fois à Al Hoceima je suis allé dans un café populaire où l’on servait que du thé avec Harcha et Meloui (des galettes made in Morocco), alors j’ai demandé un morceau de Harcha avec un verre de thé et une omelette. Le matin, j'ai bien mangé pour éviter de prendre de repas sur la route, car sur le vélo je n’avais comme nourriture que des biscuits, des morceaux de chocolat et de l’eau, toujours de l’eau. L’eau est une matière vitale et essentielle pour un cycliste.
Après le petit déjeuner, j’ai pris la route doucement. A la sortie d’Al Hoceima il y avait une montée de 500m puis du faux plat montant jusqu’à Ait Youssef Ou Ali où j’ai tourné à gauche pour prendre la route de Nador en laissant à ma droite la route de Ketama que j’avais empruntée la veille.
Après Ait Youssef Ou Ali, la route longeait le lit de l’Oued Nekor dans la région d’Ajdir et la région de Ben Bou Ayach et comme je l’ai dit avant; rouler dans le sens inverse du courant d’eau d’une rivière cela veut dire que la route est montante. J’ai roulé pour un long moment dans le faux plat montant et c’etait très dur de rouler dans le faux plat montant pour une longue distance et parfois c'est plus dur qu’une montée.
Après le pont Nekor la route commençait à se lever d’une manière considérable dans un paysage lunaire ; pas le moindre arbre au bord de la route pour s’abriter du soleil, car ce jour-là, il y avait un soleil de plomb. Avec le temps et les kilomètres la pente devenait de plus en plus dure. J’ai beaucoup souffert dans cette montée à cause bien sûr de la pente et de la chaleur et à cause aussi de sa longueur; plus de 20 km de souffrance dans une montée chauve et épuisante même les grands véhicules : camions ; autocars « souffraient » eux aussi dans cette montée et ça se voyait par l’immense fumée qui se dégageait de leurs moteurs. Même les chauffeurs de ce genre de véhicule qui étaient dans la descente avaient toujours les pieds sur les freins; ça montre aussi que la pente était très élevée et les virages étaient très serrés.
J'ai monté ce col très doucement et à mon rythme avec le petit braquet bien sûr (Entre 8 et 10 km/h) et comme le dit le proverbe « Après la pluie, le beau temps », moi je disais toujours « Après la montée, la descente ». Je disais ça pour me consoler et pour oublier la peine et la difficulté que me causait la montée surtout comme celle-là.
Au kilomètre 62, j’ai franchi le point culminant de cette montée, qui a reçu le sobriquet évocateur de toboggan. Cette montée était le dernier sommet pour moi dans ce voyage dans le Nord du Maroc et précisément dans la région du Rif.
Vers midi, je suis entré dans Kassita; un petit village du Rif. Dans un café-restaurant, j’ai pris un morceau du poulet avec des frites et de la sauce tomate, j’ai mangé un peu et j’ai mis le reste dans un morceau de pain et je l’ai laissé pour la fin de l’étape, car je ne voulais pas remplir mon ventre et la route était encore devant moi.
Après une longue pause, j’ai pris la route doucement dans une région plate, pas la moindre difficulté sur cette route jusqu'à la ville de Midar.
A Midar, j’ai pris une chambre dans un petit hôtel, très joli et très propre. C’était le seul hôtel de la ville à ce temps-là. Le propriétaire m’a bien accueilli, il a été serviable et très gentil avec moi.
Dans la chambre j’ai arrangé mes affaires comme d’habitude, j’ai pris une douche, j’ai lavé mes sous-vêtements puis j’ai complété le reste du déjeuner que j’avais pris à Kassita après, je me suis allongé sur le lit et j’ai fermé mes yeux pour un long moment.
L’après-midi, j’ai emmené ma (BMW) chez un réparateur de vélo pour changer un fil de frein qui a commencé à ne plus répondre tout de suite. Après le changement du fil j’ai demandé au mécanicien de lui faire une « visite » totale. Heureusement tous les accessoires (dérailleurs, freins, chaine, plateaux, rayons…) étaient en bon état.
NB : avant mon départ de Kenitra, j’avais fait une révision totale de mon vélo, j’avais changé les rayons, les boyaux et les patins… J’ai dépensé 300 Dh sur ma petite reine Et comme dit un proverbe marocain que j’aime beaucoup « thla fi hemyrk tehj alih » traduction: Prends soin de ton âne, il t'emmènera à La Mecque.
Après cette visite j’étais très content et très satisfait de ma Bmw, de sa « résistance » et de sa performance aussi après avoir parcouru plus de 800 km de route et la traversée des montagnes de Rif et comme dit le proverbe « c'est dans la difficulté qu'on reconnait… »
Pour faire un voyage comme celui-là ? Il faut avoir une bonne « monture», un vrai vélo de combat et ce « Bmw » que j’avais eu pendant ce voyage a été un vélo de marque Décathlon made in France, un vélo de très bon qualité; très léger et très robuste avec des accessoires d’origine et de bonnes marques.
Après le coucher du soleil, j’ai fait une visite dans le Souk et sur le Boulevard. Midar est une petite ville avec un seul boulevard qui divise la ville en deux parties et dans ce grand boulevard on trouve: cafés, boutiques, épiceries, restaurants…..
La soirée je l’ai passé sur ce boulevard, en faisant le va et vient, et en passant près d’un studio qui se trouvait près du centre-ville, j’ai vu dans la vitrine des photos d’un voyageur à vélo. J’ai demandé au propriétaire qui était ce monsieur, il m’a dit « c’est un habitant de Midar qui avait fait le tour du Maroc à vélo ». J’ai voulu le rencontrer, mais malheureusement, il n’était pas en ville. J’ai voulu aussi acheter l’une de ces photos, mais malheureusement aussi le propriétaire m’a dit d’attendre jusqu’à demain matin, car il ne pouvait pas la développer ce soir-là. Personnellement je ne pouvais pas attendre, car le matin, j’allais quitter Midar de bonne heure.
Pas de chance! À ce temps-là, il n’y avait ni ordinateur, ni internet, ni scanner, ni clé USB… ni rien du tout pour avoir une photo facilement, ce n’est pas comme aujourd’hui où tout est possible dans un clin d'œil. A cette occasion, je profite de l’internet pour lancer un appel à tous les habitants de Midar pour me trouver l’adresse de ce Monsieur, car je veux le contacter et merci.
Après la dernière prière de la journée (El Aaicha) je suis allé à l’hôtel après avoir acheté les provisions nécessaires pour l’étape suivante: biscuits, chocolats, eau minérale…
Au pied du col de Kassita il y avait un peu de verdure, mais au sommet de ce col pas le moindre arbre pour s'abriter du soleil.
Un paysage lunaire au sommet du col.
Dans cette montée vers Kassita j'ai beaucoup souffert à cause de la pente, de la chaleur et de la longueur de cette terrible montée.
Grand hommage à Ma Petite Reine. Chapeau !
La nuit dans l'hôtel en train de préparer la dixième étape entre Midar et... À ce moment-là je n’avais pas encore su ma destination. J’avais deux itinéraires pour aller à la frontière Est du Maroc et précisément à la ville de Oujda sur deux étapes. L’itinéraire N1 par la route côtière en passant par Nador,Ras El Ma et Saidia. L’itinéraire N2 par Nador, Berkane et Saidia.
NB: Près de la ville de Nador, j’avais pris le deuxième itinéraire, car il n’avait pas de route entre Ras El Ma et Saidia à ce temps-là. (Aujourd’hui, oui).
Midar-Berkane

De la ville de Midar à la ville de Berkane en passant par Selouane dans la région de Nador sur une distance de 141 Km. C'était la plus longue étape de ce voyage dans le Nord du Maroc.
J’ai quitté la ville de Midar pour aller à l’Est du Maroc, mais ce jour-là je n’avais pas une destination précise, car j’avais trois choix à faire entre la ville de Nador, la plage de Ras El Ma et la ville de Berkane.
NB: La veille dans la chambre de l’hôtel à Midar, j’avais décidé de faire mon choix sur la route entre ces trois destinations, car j’avais besoin des informations surtout sur la plage de Ras El Ma (Cap d'eau) qui se trouve entre Nador et la station balnéaire de Saïdia.
La route de la ville de Midar vers les autres villes de l’Est du royaume du Maroc est plate pas la moindre difficulté. C’était fini la montagne ! Les montagnes de Rif, je les ai laissées derrière moi.
J’ai roulé doucement (Entre 20 et 25 km à l’heure) jusqu’à au village de Selouane qui se trouve dans un croisement de chemins à 14km de la ville de Nador. Dans ce village j’ai fait une pause et je me suis renseigné à propos de la plage de Ras El Ma (Cap d'eau) et la plupart des gens m’ont dit qu’il n’y avait pas d’hôtel là-bas et qu’il n’y avait pas de route goudronnée par la côte pour aller à cette plage puis à la station balnéaire de Saïdia. Alors, j’ai décidé de prendre la route de l’est vers la ville de Berkane et de laisser à ma gauche la route qui menait à la ville de Nador, car cette ville je l’ai déjà visitée en plus il n’y avait rien d’intéressant à voir dans la ville sauf bien sûr pour acheter quelque chose moins cher, car à ce temps-là cette ville a été la capitale de la contrebande au Maroc à cause de sa proximité avec la ville marocaine occupée, Melîlia. Les souks de Nador étaient remplis par de marchandises de contrebande venues d'Espagne ou bien des pays de l’Asie du sud.
La route entre Selouane et la ville de Berkane est plate, et au bord de la route, il y avait des centaines de vendeurs d’escargots qui proposaient à leurs clients des dizaines de variétés de cette petite bestiole: petite, grande, blanche, grise, jaune, rouge… Je me suis bien amusé en faisant plusieurs arrêts à côté de ces vendeurs qui étaient très gentils avec moi. La plupart d’eux m’ont invité à boire un verre de thé ou bien à manger quelque chose avec eux, mais je ne pouvais pas accepter leurs invitations, car la route m’attendait et je devais rouler pour arriver à Berkane au moins avant 16h à fin qu’il me restait du temps pour visiter la ville.
Après le pont international sur l’Oued de Moulouya, j’ai fait une longue pause dans un petit café, j’ai mangé un peu: deux œufs avec des tomates (BM: c’est comme ça qu’on nomme ce plat ici au Maroc surtout dans le milieu des'étudiants). J’ai mangé un peu comme d’habitude et j’ai laissé le reste pour la fin de l’étape, car la plupart du temps après avoir pris une douche je n’avais qu’une seule envie; c’était de m’allonger sur le lit et dormir un peu, c’est pour cette raison que je laissais toujours dans la sacoche à vélo quelque chose à mettre sous la dent. Avant de quitter ce lieu, j’ai pris une limonade, j’ai bu un verre et j’ai laissé le reste pour la route cette fois.
Après la pause j’ai pris la route avec un invité d’honneur "un vrai fardeau ", c’est Monsieur le Vent ! Depuis ma sortie de la ville de Midar, il a été dans mon dos, mais après le pont international sur l’Oued de Moulouya, il a changé « le visage » et la direction à 1800 et il est devenu mon ennemi pour le reste de cette étape après avoir été mon ami durant un long moment.
« Il ne faut jamais se fier au vent ».
J’ai beaucoup souffert de ce changement brusque de la direction du vent surtout qu'il est survenu à la fin de l’étape au moment où toutes mes forces étaient épuisées après avoir roulé plus de huit heures, heureusement dans ce passage entre le pont international sur l’Oued de Moulouya et la ville de Berkane, il y avait des haies de fermes et des arbres au bord de la route qui ont diminué un peu la force de ce vent très fort qui a sorti de nulle part. Je me suis demandé où il était caché.
Vers 16 h, je suis arrivé dans la ville de Berkane, la capitale de l’orange au Maroc. Ici l’orange est partout, j’ai vu des dizaines de fermes de cet agrume au bord de la route. La couleur orange est la couleur numéro 1 de la ville; les taxis sont de couleur orange, les clubs de toutes les disciplines sportives de la ville qui participent aux championnats nationaux ont des maillons orange. Dans le centre-ville, il y avait une grande sculpture dédiée à l’Orange (voir la photo en dessous). Vraiment Berkane est la capitale de l’Orange par excellence.
Dans le royaume du Maroc il y a la capitale administrative comme les autres pays du monde, c’est la ville de Rabat et il y a aussi la capitale économique, c’est la ville de Casablanca et il y a aussi d’autres capitales régionales et tribales comme par exemple : Agadir la capitale du Souss, Kénitra la capitale du Gharb, Oujda la capitale Orientale, Khénifra la capitale de Zayane, El Jadida la capitale de Doukhala… Il y a aussi des capitales lièes à une activité agricole ou bien artisanale comme par exemple; Safi la capitale de la poterie, Arfoud la capitale des dattes, Tafroute la capitale des amandes, Tamanar la capitale de l’arganier… Sans oublier bien sûr la ville de Fès, la capitale spirituelle du Royaume.
A Berkane, j’ai pris une chambre dans un hôtel qui se trouvait au centre-ville au prix de 30 Dh la nuit sans douche (il n’y en avait pas). Cet hôtel est très grand en espace avec un grand café au rez-de-chaussée, malheureusement il était malpropre avec des chambres très grandes, mais eux aussi étaient sales. « Tel père, tel fils » comme dit le proverbe.
Après avoir arrangé mes affaires, j’étais dans l’obligation de sortir pour aller chercher une douche. Heureusement, je l’ai trouvée pas loin de l’hôtel au prix de 10 Dh.
Vers 18h, je suis sorti pour faire une visite dans la ville. Berkane, c’est une petite ville avec un seul boulevard et sur ce boulevard, il y avait tous les commerces: cafés, restaurants, hôtels, pâtisseries, boutiques… Il y avait aussi beaucoup de monde, surtout après le coucher du soleil, qui faisait le va-et-vient sur ce long boulevard.
Après avoir mangé dans un restaurant, je suis monté dans ma chambre pour dormir, car j’étais très fatigué après cette longue étape de 141 km et avec le vent de face dans les vingt-cinq derniers kilomètres. Dans la chambre je n’avais pas pu fermer l’œil à cause de la chaleur et à cause aussi de la mauvaise odeur qui régnait dans la chambre. Une odeur de saleté et de la moisissure sur les murs, alors j’ai décidé d’aller dormir sur le balcon là où il faisait frais avec un peu d’air et là aussi, un autre problème qui est survenu après minuit: des klaxons des voitures pour fêter un mariage ou bien des mariages. Des dizaines de convois de voitures qui passaient tous les 30 min ou bien plus (je n’avais pas pu savoir le temps exact et je n’avais pas pu savoir aussi, si c'était le même convoi ou bien s'il y en avait d’autres). De loin j’ai entendu de la musique « chaâbi » mais je n’avais pas pu savoir le nombre de mariages à cause des échos qui se répondaient dans toute la ville. Ce carnaval de klaxons a duré de minuit jusqu’à l’aube. Je n’ai pas pu fermer l’œil mêmes quelques minutes.
Le matin (à l’aube), en prenant mon petit-déjeuner dans le café de l’hôtel qui se trouvait au rez-de-chaussée et qui était ouvert jour et nuit, j’ai parlé avec le garçon au sujet des klaxons de voitures la nuit et il m’a dit « Zemagriya (les immergés Marocaines en Europe) viennent ici seulement pour faire la fête ». Je lui ai dit « Est-ce que c’est comme ça toutes les nuits ? » il m’a répondu « Oui, mais seulement pendant l’été » et il a ajouté « Les klaxons des voitures que tu as entendus la nuit ne viennent pas seulement des mariages, parfois des "ivrognes" qui rentrent tard la nuit de la plage de Saïdia passent par ici les mains sur les klaxons ». Au moment où j’étais en train d’arranger mes affaires sur le vélo, un autre convoi est passé; le garçon m’a regardé et il a dit « Est-ce qu’ils peuvent faire cela en Europe ?». Ma réponse a été: non, bien sûr.

A quatorze kilomètres de la ville de Nador, j’ai décidé de ne pas aller à cette ville, car je l’ai déjà visitée en plus il n’y avait rien d’intéressant à y voir, mais dans ses régions, oui. C’est pour cette raison que j’avais voulu aller à la plage de Ras El Ma Cap d'eau), mais malheureusement il n’y avait pas de route goudronnée par la côte méditerranéenne jusqu’à Saïdia (Aujourd’hui, oui).

Sur la route entre Nador et Berkane avec un vendeur d’escargots. Il m’a dit de lui laisser le vélo et de prendre sa place près des escargots.

Cette route je l’ai nommée « la route des escargots » parce qu’il y avait plusieurs vendeurs d’escargots les uns près des autres au bord de la route. Je me suis demandé où est-ce qu’ils ont ramassé toutes ces petites bêtes.
Cette route est plate, pas la moindre difficulté jusqu’à la ville de Berkane. Vraiment, elle faite pour les escargots !


A l’entrée de la ville Berkane près d’une cascade artificielle.

Une sculpture au centre de la ville de Berkane à l’honneur de l’orange.





















































