samedi 13 novembre 2010

Tanger-Tétouan

 

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De Tanger à Tétouan par la route côtière en passant par Ksar-es-Seghir et Fnideq sur une distance de 108 Km.


J'ai quitté Tanger vers 7h par l'avenue des forces armées Royales jusqu'à sa fin puis j'ai tourné à gauche pour prendre la route côtière qui menait au cap Malabata, Kser-es-Segir et Fnideq. En s'élevant sur le promontoire de Malabata, il y avait  une succession de belles vues sur Tanger et sa baie avec une route qui serpentait sur une dizaine de virages à gauche et à droite et comme je disais toujours "avec les virages viennent les beaux paysages". Un paysage superbe avec des plages et de la falaise qui vous donne l’envie de faire plusieurs arrêts.

Au km 35 et précisément dans la petite ville de Kser-es-Segir, j’ai fait une pause dans un café puis j’ai fait une visite de la ville et du souk. Heureusement ce jour de ma visite, le samedi, a coïncidé avec le souk hebdomadaire de la ville. Vraiment c’est une jolie petite ville avec une plage superbe et de la montagne dans les environs.

Au-delà de Kser-es-Segir la route continue à longer le détroit, traversant une région sauvage avec de nombreuses criques et plages délicieusement désertes jusqu’au pied du djébel Mousa qui se trouve à  842m d’altitude, c’est le plus haut sommet de cette région de Jbala entre Tanger et Tétouan.

Après avoir contourné par l'arrière le cap Cirès et au pied duquel s'étendent de belles plages, la route s'éloigne du rivage et entame une longue montée sur le col de djébel Mousa avec de belles vues en arrière sur la mer, le détroit et la côte andalouse. Après la montée vient le faux plat montant jusqu’à 6 km de Fnideq, après la route, en descendant, qui offre une vue splendide.

A Fnideq j’ai fait une longue pause pour prendre mon déjeuner et me reposer un peu dans cette petite ville connue aussi sous le nom de Castillejos. Elle a été la capitale de la contrebande dans les années 80 à cause de sa proximité avec la ville marocaine occupée de Ceuta "SEBTA". Aujourd’hui c’est fini pour ces petites villes qui vivent seulement de la contrebande comme Ksar El kébir, Beni-Enzar après l’invasion par les produits Made In China de tous les marchés marocains.

Après Fnideq la route devient plate et rectiligne en longeant à nouveau la côte méditerranéenne et en passant à côté de plusieurs stations balnéaires: Smir-Restinga, M'diq, Capo Negro, Kabila et à côté aussi de plusieurs campings sauvages gratuits et payants.

Les stations balnéaires sont toutes  occupées par la haute bourgeoisie et les nouveaux riches du Maroc. Ces stations sont toutes équipées par des marinas pour les yachts, des jets skis et des petits bateaux de loisir,  par contre dans les campings au bord de la route,  on trouve la classe moyenne marocaine: des fonctionnaires, des enseignants et des étudiants aussi et la plupart de ces estivants viennent du "Dakhal", l’intérieur du Maroc.

Dans les campings et surtout dans les campings sauvages, il n’y a ni eau, ni toilettes et il faut se débrouiller pour faire ses besoins naturels. J’ai passé deux fois mes vacances dans cette région du  Nord "CHAMAL", qui est très appréciée par les vacanciers marocains de l’intérieur "Nass Dayl Dakhal" comme ils nous surnomment les habitants du Nord "Nass Dayl Chamal".

Vers 16 je suis arrivé à Tétouan "Aroussat Chamal", La Mariée Du Nord comme on la surnomme, c’est une ville  très animée jour et nuit et c’est la ville la plus andalouse de tout le Royaume, avec une architecture hispano-mauresque plus évidente dans la nouvelle ville. Vraiment c’est une très jolie ville et chaque fois que je suis venu ici, j’ai  toujours eu l’envie de revenir.

Pour trouver un hôtel moins cher dans une ville aussi grande que Tétouan, il faut aller dans la vieille ville, là où il y a des hôtels (sans étoiles bien sûr) et des restaurants moins chers et c’est ça que j’ai fait en allant près de la place Hassan II. Dans ce quartier ancien, j’ai trouvé un hôtel à 30 Dh la nuit avec douche, pas loin du palais royal.

Dans ma chambre j’ai arrangé mes affaires comme d’habitude, j’ai pris une douche, j’ai lavé mes sous-vêtements et je me suis reposé pendant une heure.

Vers 18h je suis sorti pour faire une visite dans la vieille ville et la ville nouvelle. La ville est très animée; les rues, les boulevards, les places, les cafés sont tous pleins de monde. Après la prière d’EL Aichaâ j’ai pris un Bokadioss "sandwich" et je suis allé dans un café populaire en face du Palais Royale pour prendre un verre de thé à la menthe (le Bokadioss et le verre thè à la menthe sont deux spécialités de la région du Nord) et vers 22 h, je suis monté dans ma chambre pour dormir le plus tôt possible et être prêt  pour la quatrième étape.

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Entre Tanger et Ksar-es-Seghir près du cap de  Malabata. De ce point on peut voir Gibraltar "Jabal Tarik".

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Une pause  dans un café à Ksar-es-Seghir en face de la plage.

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La petite ville de Ksar-es-Seghir; petit port de pêche avec une belle plage à l'embouchure de l'Oued El Ksar.

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La plage de Ksar-es-Seghir.

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La montée du col  Jebl Mousa à 842 m d'altitude, c'est la seule vraie montée de cette étape.

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L'arrivée à Fnideq à 5 km de la ville de Sebta.

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Les marinas sont pour les riches.

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Les campings sauvages sont pour le reste du peuple.

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Tétouan la mariée du Nord "Aroussat Chamal" c'est comme ça qu' on la surnomme au Maroc.

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L'arrivée à Tétouan, après 108 km de pédalage et de plaisir.

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Dans la célèbre place d'Hassan II, c'est le trait d'union entre la ville moderne et la médina.

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la soirée dans le centre-ville de Tétouan. Une ville très animée la nuit avec beaucoup de monde dehors.

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Tanger- Tétouan 108 Km

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jeudi 2 décembre 2010

Tétouan-Bou Hamed

 

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De la ville de Tétouan au village de Bou Hamed par la côte méditerranéenne en passant par les communes de Oued Laou et Targha sur une  distance de 82 Km.


Avant mon départ de Kénitra le mercredi 08/08/02, j’ai parlé avec deux amis à propos  de mon voyage à vélo dans le Nord du Maroc, alors l’un d’eux m’a dit "le dimanche tu seras où ?". Je lui ai dit "selon mes calculs et si tout va bien, je serai à Oued Laou ou bien à Targha". Alors, ils m’ont dit "nous te rencontrons à Oued Laou le dimanche matin, nous allons prendre la voiture de bonne heure et nous allons essayer d’être là-bas avant 11h ". Alors, je leur ai dit d’accord et je leur ai conseillé de ne pas prendre la route de Larache-Tétouan, mais de prendre la route d’Ouazane-Chefchaouene puis l’arrivée à Oued Laou, car c’est la route la plus courte et la plus belle.

Mon programme pendant ce quatrième jour de mon voyage était d’aller à Oued Laou à 45 Km à l’Est de la ville de Tétouan pour rencontrer mes amis et passer toute la journée avec eux à la plage et vers la soirée, moi j’aurai pris une chambre à hôtel et eux, ils auraient  pris le chemin du retour ça c’est sûr, car tous les deux travaillaient ; l’un est chauffeur d’un petit-taxi et l’autre travaille dans une blanchisserie et leur travail ne leur permet pas  plus d’une journée de repos. Vraiment j’ai de la chance de travailler dans l’enseignement, Je ne gagne pas beaucoup d’argent, mais j’ai le temps pour voyager.

Vive l’enseignement !

La route entre Tétouan et Oued Laou est magique, elle serpente sur une dizaine de virages en longeant de près le rivage avec des belles vues sur des plages et des criques. Vraiment c’est une belle route pour faire du vélo et pour profiter le maximaux de ce paysage j’ai décidé de rouler doucement en prenant chaque fois une photo, car l’essentiel ce jour-là et d’arriver à Oued Laou avant 11h.

En arrivant à Oued Laou j’ai téléphoné à l’un de mes amis et il m’a dit qu’ils n’avaient pas pris la route. Quelle surprise ! Je n’étais bien préparé à cette nouvelle. Alors que faire dans cette situation où tout mon programme du jour aurait dû être changé? Et pour ne pas prendre une décision précipitée j’ai décidé de faire un tour dans la plage. Elle était pleine de monde, car c’est le week-end. Après une  demi-heure sur la plage avec ma Bmw, j’ai passé à l’unique hôtel  de  cette "station balnéaire" pour voir s’il y avait une chambre vide malheureusement non et le propriétaire m’a dit d’attendre jusqu’à 18h, car la plupart des chambres se seraient vidées  avant la soirée.

Attendre jusqu’à 18h pour moi c’est impossible de rester toute la journée  tout seul à la plage et de plus j’étais très déçu par ce rendez-vous manqué et c’est ma faute, car j’aurais dû les appeler la veille pour savoir s’ils allaient venir ou bien non.

Pour continuer mon voyage d’Oued Laou vers le Nord il y a deux routes l’une vers chefchaouene et l’autre toujours par la côte vers El Jebeha en passant par Stehat et Targha.

Pour la première route  je la connais, mais je n’avais pas voulu la prendre, car je l’ai déjà faite en voiture pendant mes vacances dans cette région en 1997, de plus je ne voulais pas m’éloigner de la côte. Pour la deuxième route  je ne la connais pas et le problème c'est que je n'avais aucune information, car elle n’était pas dans mon programme du jour. Alors, pour régler ce problème je suis allé près de la station des taxis, un chauffeur m'a dit que la route est superbe, il y avait des paysages à voir et  qu'à Targha il n’y avait pas d'hôtel, mais  des maisons à louer.

Après avoir bien réfléchi j'ai décidé de prendre la route côtière bien que cette région du Nord soit l'une des régions les  plus dangereuses de tout le Royaume à cause de la contrebande, de l'immigration clandestine et de la drogue.

"Là où il y a de l'argent illicite, il y a toujours danger".

Avant de quitter Oued Laou, j'ai mangé un peu et j'ai acheté quelques provisions pour le reste de cette étape; des biscuits, deux barres de chocolat et de l'eau puis j'ai pris la route.

La route est superbe avec des plages éblouissantes et des belles vues à la fin de chaque montée, vraiment des paysages extraordinaires, je ne savais pas  que dans mon pays se trouve des paysages aussi superbes. Cette région est inconnue des touristes étrangers et des marocains eux-mêmes, car cette région connaît une grande marginalisation surtout par les agences de voyages et par les médias visuelles qui ne montrent jamais ces beaux paysages.

Pour les paysages je n’étais pas déçu, mais l’angoisse et l’inquiétude m’envahissaient chaque fois que je pensais "Que faire si je ne trouve pas une maison à louer? Et que faire si je tombe en panne sur cette route presque vide?".

Heureusement tous les 4 ou 5 km il y a un poste des forces auxiliaires "Mghaznya" (agents de sécurité) pour garder la côte contre les contrebandiers, les trafiquants de la drogue et les immigrants clandestins, vraiment un vrai casse-tête pour eux et chaque fois que je passais à côté de leurs postes, je les ai salués en essayant de créer une "amitié" virtuelle dans le cas où je serai tombé en panne ou bien si je n’avais pas trouvé une chambre à louer. 

A Targha  je suis arrivé  vers 16h, j’ai trouvé une maison, mais le propriétaire m’a demandé 300 DH ; c’est trop cher pour moi et le problème c'est que ce propriétaire n’a pas voulu baisser un centime ; un vrai Rifain ! J’ai cherché encore pour trouver une maison ou bien une chambre moins chère, mais sans résultat, heureusement un habitant m’a dit qu’à Bou Hamed, un petit village à 18 km de Targha, il y avait un petit hôtel à 30 DH la nuit, alors j’ai décidé de prendre la route et de rouler à fond malgré la fatigue pour arriver au moins avant le coucher du soleil. C’est risqué, mais que faire 30DH ce n’est pas 300DH. (Il manque seulement un Zéro à 30 !).

A Bou Hamed j’ai trouvé l’hôtel à 25 DH seulement, j’ai arrangé mes affaires, j’ai pris une douche et je suis sorti pour manger le plus temps possible et acheter des provisions pour l’étape suivante, car en entrant au petit village j’ai vu qu’il y avait un seul restaurant et 2 ou bien 3 cafés et j’avais pensé qu’après le coucher du soleil je ne trouverait rien  à manger.

Après avoir mangé et bu un verre de thé dans un café, je suis allé à mon hôtel pour dormir le plus temps possible car j’étais très fatigué par cette longue étape qui a duré plus de 11h, mais en rentrant à l’hôtel je l’ai trouvé plein de monde, car à mon arrivée il a été vide et j’étais tout seul. J’ai demandé au responsable des informations et il m’a dit "ce soir il y aura un mariage dans le village et c’est Abde Laaziz Stati qui va chanter c’est pour ce là que tous les jeunes des environs sont venus ici pour voir Stati".

Stati est ici ! Le plus grand chanteur de la chanson populaire marocaine est ici. Vraiment c’est incroyable et ça montre bien qu’il y a ici de l’argent de la d… j’avais envie moi aussi de ressortir pour assister à ce mariage et voir Stati, malheureusement j’étais très épuisé par cette étape et je n’avais qu’une seule envie,  c’était de dormir, mais en m’allongeant sur mon lit  je n’ai pas pu fermer l’œil à cause du vacarme causé par ces jeunes personnes qui sont venues de loin et en grand nombre pour voir "Sting" de la chanson populaire marocaine, mais le pire ce n’était pas le vacarme seulement qui m’a empêché de dormir; il y avait aussi la fumée du "haschich" qui avait envahi toute ma chambre et c’était insupportable ! J’ai ouvert la fenêtre et fermé la porte, mais sans résultat. Ici c’est rare de voir une personne fumer une cigarette. La plupart des "Fumeurs" fument des joints ou bien du Sebsi (Une pipe made in Morocco utilisée pour fumer du kif).

Vers 22h j’ai pu dormir tranquillement après que tout le monde eut quitté l’hôtel et après avoir laissé aussi la fenêtre ouverte toute la nuit pour aérer la chambre de l'odeur du Kif et du Haschich.

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Le matin avant mon départ de la ville de Tétouan près du palais Royal.

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La route entre Tétouan et Oued Laou est magique.

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Des dizaines de plages et de criques qui vous donnent l'envie de faire plusieurs arrêts.

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Prendre une photo avec un trépied, ce n'est pas une tache facile surtout s'il y a du vent.

Je suis toujours prêt à faire un saut dans le cas où mon appareille risque de tomber.

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La route longeant de plus ou moins près le rivage, très accidentée.

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L'arrivée à Oued Laou, l'une des plus belles stations balnéaires de la côte méditerranéenne, malheureusement ses atouts touristiques sont mal exploites.  Un seul petit hôtel pour une "station balnéaire" vraiment c'est honteux pour le tourisme.   

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Une autre plage sur la route entre Oued Laou et Targha.

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Dans cette région il faut avoir seulement une tente pour passer des vacances gratuit.

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Là où il y a une  plage, il y a un camping sauvage.

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Sur cette route  il y a des dizaines de petites montées et  à la fin de chaque montée il y a une belle vue sur la côte.

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Targha, surprenant petit village à 17 km au sud-est d’Oued Laou.

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Cette route entre Tétouan et El Jebeha il faut la faire à pieds. Cette région est l'une des plus belles  du Maroc malheureusement elle est marginalisée sur tous les plans et c'est  bien pour le tourisme "sauvage" et la "virginité" de cette région.

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La fin de cette étape après 82 Km de rêve. Vraiment  c'est  la plus belle étape de mon voyage dans le Nord du Maroc et mon seul regret durant cette étape c'est de n'a pas eu une appareille numérique.

NB: A ce temps là (2002) l'appareille numérique coûte trop chère: 2 mégapixel à plus 3000 DH.

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dimanche 26 décembre 2010

Bou Hamed-El Jebha

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Cinquième étape entre Bou Hamed et El Jebha sur une distance de 52 km.


J’ai quitté le village de Bou Hamed vers 7h, après avoir pris mon petit-déjeuner dans un petit café, direction El Jebha, et si cela avait été possible et s’il y avait eu une route, j’aurais continué jusqu’à Kalah Iris dans la province d’El Hociema sinon j’aurais passé la nuit à El Jebha, car malgré mes recherches la veille à Bou Hamed, je n’avais pas pu avoir des informations précises entre El Jebha et Kalah Iris.

La route entre Bou Hamed et El Jebha est extraordinaire avec des paysages magnifiques: des plages, des criques et de la montagne aussi, mais ce qui m’avait attiré le plus sur cette route, ce sont les champs de kif (cannabis). Des centaines de champs au bord de la route. Je savais d’avance que dans le Rif on cultivait cette plante, mais pas de cette ampleur, je n’en ai pas cru mes yeux ; des champs comme ça sous les yeux des « autorités » vraiment c’est incroyable et cela a été pour moi une nouveauté particulière de rouler au milieu de ces champs-là, car il m’était arrivé de rouler à vélo dans plusieurs régions du Maroc et au milieu des choses très différentes l’une des autres par exemple : A El Oualidia dans la région d’El-Jadida j’ai roulé au milieu des champs de tomates et de pastèques, à El Klaâ Des- Mgouna j’ai roulé au milieu des champs de roses, à Erfoud dans la région de Tafilalt j’ai roulé au milieu des dattiers, à Moulay Bousselham dans la région de El Gharb j’ai roulé au milieu des champs de cacahuètes, à Skhirat dans la région de Rabat j’ai roulé au milieu des champs de raisins verts et entre Tiflèt et Khemisset j’ai roulé au milieu des champs de raisins rouges, dans la région de Larache j’ai roulé au milieu des champs de melons et de tournesols, à Beni Mellal j’ai roulé au milieu des fermes d'orangers et de pommes, à Tamelelt dans la région de Klaâ-Des-Srarhana j’ai roulé au milieu des oliviers, à Akka dans la région de Tata j’ai roulé au milieu des crickets, entre Erfoud et Tinejdad j’ai roulé au milieu du désert, dans les régions de Tinerhir et de Dadès j’ai roulé au milieu des gorges, dans ma région d’habita au sud d’Essaouira je roule toujours au milieu des arganiers… Toutes ces choses que j’avais vues durant mes voyages à vélo dans plusieurs régions du Royaume étaient pour moi des choses tout à fait normales, mais pas comme ici, dans cette région du Rif et au milieu du Kif qui se trouve au bord de la route et au vu et au su de tout le monde.

Durant tout ce trajet entre Bou Hamed et El Jebha je ne voyais que du Kif et un peu de maïs autour des champs pour le dissimuler. Vraiment c’est incroyable ! Mais pourquoi ils cherchaient à le dissimuler avec des maïs ? Je n’ai rien compris, c’est comme quelqu’un qui veut cacher la montagne avec sa main ou bien le soleil avec une casserole. Tout le monde peut voir ces champs de Kif, même un aveugle pouvait sentir l’odeur de cette plante, car là où je passais ou bien où je m'assoyais je ne voyais que du Sebsi « une pipe made in morocco pour fumer le Kif made in morocco aussi » et comme j’ai dit avant c’est rare de voir ici un Fumeur fumer de la cigarette.

Mais que mangent ces gens-là ? Je ne voyais sur la route que du Kif et un peu de maïs pour cacher cette plante. Il n’avait pas eu au bord de la route ni champs de blé ni champs d’orge ni aucun champ de légumes. Est-ce que les habitants de cette région n’avaient pas besoin de ces cultures ? Où bien ils ne pouvaient cultiver rien d’autre que le Kif ? Je ne sais pas, mais il y a une anecdote très célèbre au Maroc qui dit : " Un jour un petit Fellah « agriculteur» a décidé de mettre fin à cette culture et de la changer par la culture des légumes et il a planté dans sa terre des carottes et à la fin de la saison il a récolté des pommes de terre ". « El Ard Mbouka » traduction : la terre est droguée et elle ne pourra rien donner d’autre que le Kif.

D’autres questions étaient passées par ma tête durant ce trajet : Qui est derrière cette culture ? Qui profite bien du kif ? Où va l’argent du Kif ? Où sont les autorités ? Est-ce que tous les gens de cette région sont pour cette culture ? Où bien ils sont maintenant les’ otages de cette plante et des trafiquants ? Depuis quand  cultive-t-on cette plante ? Des dizaines de questions sans réponse bien sûr et le Kif en général dans cette région c’est un mystère, une vraie énigme et pour la résoudre et pour répondre à toutes ces questions, il faut un Sherlock Holmes.

Vers midi je suis entré dans El Jebha, une petite ville avec un petit port de pêche et ce nom "El Jebha" signifie en langue arabe "le front" il est tout simplement dû au fait que la ville est entourée de montagnes.

Près du port j’ai mangé un peu dans un petit restaurant populaire puis j’ai questionné des personnes qui se trouvaient à côté de moi sur la possibilité d’aller à Kalat Iris par la côte, malheureusement leur réponses a été négative et ils m’ont dit pour aller à Kalat Iris il fallait monter à Ketama puis prendre la route d’ El Hociema. La ville de Ketama se trouve à 74 Km d’ici et c’est trop loin pour moi et de plus il y a que de la montée avec un col à 1600m, alors j’ai décidé de rester ici pour deux nuits et pour deux raisons: la première raison c'était de me reposer après cinq jours de route et plus de 450 km de pédalage et la deuxième raison c'était pour profiter un peu des paysages côtières, car c’est la dernière étape près de la mer et j’avais eu une grande envie de se baigner dans la Méditerranée, car depuis que j'avais pris la route côtière de la ville de Tanger, j’étais passé à côté de dizaines de plages et chaque fois, je voulais me baigner, mais malheureusement cela m’a été impossible à cause du vélo et du bagage et je peux même ajouter une troisième raison qui m’a poussé de prendre une journée de repos ici, c’est que je suis tombé amoureux de cette jolie petite ville du Rif.

Près du port j’ai trouvé un petit hôtel à 20dh la nuit et c’est le seul hôtel d’une ville aussi superbe avec des paysages dans les environs extraordinaires et comme j’avais dit avant pour la station balnéaire d’Oued Laou, vraiment c’est honteux pour le tourisme dans cette région qui a des atouts touristiques extraordinaires.

Dans l’hôtel j’ai arrangé mes affaires, j’ai pris une douche et je me suis reposé. La particularité de cet hôtel c’est qu’il avait deux grandes chambres seulement; une chambre avec cinq lits pour les hommes et une autre chambre pour les femmes (je n’ai pas su comme bien il y  avait de lits). Dans cet hôtel il y avait aussi une douche et une seule toilette, mais il avait une belle vue sur le port et la plage.

L’après-midi je l’ai passé près du port et sur la plage, vraiment c’est une jolie petite ville, malheureusement elle est cachée par les montagnes du Rif et entourée de champs de Kif,  oubliée par les responsables et ignorée par les agences du tourisme, et c’est rare les personnes de l’intérieur du Maroc qui connaissent l’existence de cette perle de la Méditerranée.

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Une autre plage et un autre port pêche traditionnel à quelques kilomètres du village de Bou Hamed. Je ne me rappelle pas bien du nom de ce lieu, mais je pense que c'est le village de Stehat.

NB: je viens de recevoir un message d'une internaute de la région, elle m'a dit que le nom de ce village est "Chemaala".Voir les commentaires.

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De loin c'est un champ de maïs, mais de près c'est un champ de Kif (cannabis). Cette région du Rif est très réputée dans la production de cette drogue.

le Rif et le Kif c'est Kif Kif !!!

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Dans cette région du Rif, on peut voir une mosquée et un champ de Kif, côte à côte. Quelle cohabitation!

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L'arrivée à El Jebha et la fin de la route côtière. A l'époque de mon voyage,en 2002, cette route allait de Tanger jusqu'à El Jebha sur une distance de 230 Km; aujourd'hui cette route va de Tanger jusqu'à Saidia sur une distance de 500 Km. Vraiment c'est une belle route pour le vélo et pour le plaisir et j'ai une grande envie de la faire une deuxième fois Inchâa Allah.

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dimanche 23 janvier 2011

El Jebha-El Jebha

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Glitter Words

Journée de repos dans la petite ville d'EL Jebha sur la côte méditerranéenne.


Ce sixième jour de mon voyage à vélo dans le Nord du Maroc a été une journée de repos, alors j’ai voulu me reposer un peu et se réveiller un peu tard, mais malheureusement mon « réveil » biologique était déjà programmé pour 6h comme les autres étapes.

Les autres personnes qui étaient avec moi dans la chambre- elles étaient quatre- étaient déjà réveillées; deux d'entre elles étaient en train de faire leurs prières du matin, les deux autres étaient déjà descendues dans le café qui se trouvait au rez-de-chaussée de l'hôtel pour prendre le petit-déjeuner. Moi aussi, après avoir fait mes ablutions et mes prières, je suis descendu dans le café et j'ai demandé un verre de thé, car c'est la tradition ici il n'y a pas de la théière « Brad » et j'ai demandé aussi une omelette avec de l'huile d'olive et du pain bien sûr.

Après le petit-déjeuner je suis monté dans ma chambre, j’ai lavé quelques vêtements et j’ai nettoyé ma BMW avec un chiffon.

Vers 10h je suis allé à la plage, il y avait eu peu de monde, ce n'était pas le cas comme les autres plages de grandes villes du Maroc.  A la même heure (10h du matin) de ce mois d'aout dans ces grandes villes, il y aurait eu beaucoup de monde; pas la moindre place pour mettre une serviette ou bien un parasol. Ici toute la plage était à toi, tu aurais  pu t'asseoir tranquillement là où tu voulais. Il n'y avait ici ni « joueurs » de foot ni « joueurs » de raquettes qui pouvaient te déranger. Dans l'eau tu pouvais nager tranquillement, les yeux fermés si tu voulais, sans heurter quelqu'un. J'ai bien nagé en faisant un peu de brasse et du papillon pour s'amuser, pas plus, car je ne suis pas un très bon nageur.

Vers midi je suis allé dans le Souk pour prendre mon déjeuner, la plupart des restaurants proposaient des sardines grillées, alors j’ai décidé de prendre une grille de six sardines « chouaya » avec de la salade. Les sardines de la Méditerranée sont très délicieuses, je pense qu'elles ont un goût très différent  que leurs sœurs  de l’Atlantique.

Après le déjeuner je suis monté dans la chambre, j'étais tout seul, les autres occupants n'étaient pas rentrés, alors j'ai fait un peu de sieste tranquillement, pas le moindre bruit.

Vers 15 h, je suis sorti de l’hôtel et je suis allé près du port pour regarder les embarcations qui rentraient. Un pêcheur qui était en train d’arranger avec un jeune garçon son Floqua (une petite embarcation traditionnelle avec des rames) m’a vu sur le quai et il a su d’après mon apparence et mon appareille à la main que j’étais un « touriste » il m’a dit « est-ce que tu veux aller à l’autre plage qui se trouve derrière cette roche ?» j’ai dit oui sans la moindre hésitation et sans savoir quelle existait une plage derrière cette très grande roche qui domine tout le port. Dans l'embarcation le pêcheur m'a dit « on va t'emmener seulement à la plage, car nous, on va loin et pour le retour tu vas monter cette roche et descendre à la ville » je lui ai dit « ce n'est pas loin ? » il a répondu « pas plus de 200m ».

Après 10 min dans cette embarcation de fortune qu'utilisaient parfois les immigrants clandestins pour traverser la Méditerranée, je suis arrivé à la plage. Quelle plage ! Je suis resté bouche bée : une petite plage fantastique de 200m de longueur, entouré de roches ou bien de la montagne, je ne sais pas, avec de l'eau très limpide et très propre, quelques baigneurs seulement ; pas plus de dix personnes. Un vrai petit paradis, il manquait seulement les cocotiers et je me croyais à Hawaï. Personnellement ce genre de plage (voir la troisième photo en dessous.) je ne le voyais qu'au cinéma ou bien dans les films documentaires de Jacques-Yves Cousteau.

Comme la matinée j’ai bien nagé, car la mer était très calme, une vraie piscine, pas la moindre vague; vraiment je n’avais pas eu l’envie de sortir de l’eau ni de quitter ce magnifique lieu, mais que faire? il fallait que je rentre. 

Après une heure, j’ai monté la grande roche pour rentrer à la ville. Au sommet de cette roche il y avait un marabout, je n’ai pas pu connaître son nom, car il n’y avait personne auprès de qui je pouvais me renseigner.

Dans le Souk, j’ai mangé un peu puis j’ai fait un tour dans les rues de la ville. En passant près d’un terrain de foot, il y avait beaucoup de spectateurs au tour du stade, alors je me suis arrêté pour regarder moi aussi ce match entre deux équipes locales, un match qui a été très disputé et très engagé surtout sur le plan physique.  

Après la prière du Maghreb, je suis allé à l'hôtel et dans « notre » chambre j'ai retrouvé mes compagnons, ils étaient tous là ; les mêmes personnes que la veille. En me regardant rentrer, ils m'ont tous posé des questions sur ma journée à El Jebha, je leur ai parlé surtout de l'après-midi et de cette superbe plage qui se trouvait derrière la grande roche et qui va rester gravée dans ma mémoire.

Passer deux nuits avec des personnes que je ne connais pas dans la même chambre, a été pour moi une nouvelle expérience, au début j'avais peur surtout du vol, c'est pour cette raison chaque fois que je sortais, j'emportais avec moi toutes mes affaires précieuses: portefeuille, carte-guichet, appareille photographique... Je ne laissais dans ma sacoche de vélo que les vêtements. Au fond je n'avais pas peur des personnes avec qui j'ai partagé cette chambre, mais le problème c'est que la porte de cette chambre était toujours ouverte et n'importe qui pouvait rentrer et sortir sans que personne ne le suspecte.

Partager la chambre avec des gens que tu ne connais pas a des inconvénients, ça c'est sûr. Par exemple tu perds ton intimité, tu ne peux pas te déshabiller devant eux ou bien dormir avec un slip.... La nuit, il y avait quelqu'un qui ronronne comme un moteur de camion, mais en général mes compagnons étaient très gentils, on partageait tout; par exemple si quelqu'un avait de la nourriture, il la partageait avec nous ou bien un autre il descendait au café et demandait des verres de thé pour nous tous. Ils étaient aussi très respectueux; ils ne fumaient pas dans la chambre et si quelqu'un avait envie de fumer, il allait près de la fenêtre ou bien il descendait au café (ils étaient tous des fumeurs de « Sebsi » kif).

Cette chambre commune avait des avantages aussi, je ne me suis pas senti seul comme les autres fois où j'étais tout seul dans ma chambre, j'ai aussi beaucoup appris de mes compagnons qui étaient tous des pères de famille, âgés de 40 à 50 ans. Nous avons beaucoup parlé des choses très différentes: sport, politique, commerce ..., mais le sujet principal a été toujours le KIF (cannabis). Toutes les questions que j'avais eues en tête sur la route pendant la cinquième étape entre Bou Hamed et El Jebha, je les avais posées cette fois pour mes compagnons, ils ont répondu avec sincérité et ils étaient tous d'accord sur la question de la plantation du Kif dans cette région et  ils ont dit « le kif n'apporte que du mal pour cette région ». Et à ma question; qui profite du kif ? Ils ont répondu tous « ce n'est pas nous » et l'un d'eux m'a dit « les plus grands profiteurs du Kif sont les grands Barons de la drogue qui se trouvent dans les grandes villes du Maroc ou bien de l'autre côté de la Méditerranée, dans les capitales européennes. Notre Kif se vend à Amsterdam, Madrid, Paris, Rome... à des prix incroyables. Et un autre a dit « on a le kif c'est vrai, mais pas l'argent du kif » et il a continué « le Fellah (l'agriculteur) d'ici, pour lui cette culture ce n'est qu'un gagne-pain pas plus et le pauvre n'a pas le choix. Il travaille jour et nuit seulement pour nourrir ses gosses, pas pour acheter une Cadillac. Et un autre a ajouté « les enfants de ce bled, ils ne sont ni avocats ni médecins ni enseignants, ils sont ou bien des trafiquants ou bien contrebandiers ou bien ils quittent le pays pour aller en Europe». Ils m'ont aussi parlé des malheurs causés par cette plante surtout parmi les jeunes de la région qui la fumaient mélangés à d'autres drogues (ils parlent du Haschich que les trafiquants le mélange avec d'autres produits) et beaucoup de ces jeunes ont perdu la « raison ».

Vers 21, deux touristes français sont venus, un jeune homme et sa compagne. Le propriétaire de l'hôtel les a emmenés directement dans la chambre des femmes, car durant les deux nuits que j'ai passées dans cet hôtel, cette chambre était restée toujours vide.

Après la dernière prière du soir, j'avais envie de se coucher le plus tôt possible, car le lendemain j'aurais eu une étape très dure entre El Jebha et Ketama cette fois dans les vraies montagnes du Rif avec un col de plus de 1600m et sur le parcours de cette étape, j'avais questionné une deuxième fois mes compagnons, ils m'ont tous dit que le lendemain j'aurais eu de la peine avec une route 100 % montante. L'un d'eux m'a même proposé  d'annuler cette étape et de prendre un taxi jusqu'à Ketama, je lui ai répondu « je vais essayer quand même et si sur la route je me sens incapable de continuer, je m'arrêterai ». Pour moi, la montagne ne me fait jamais peur, j'ai monté plusieurs cols au Maroc et chaque fois que j'ai devant moi un sommet, je le montais doucement à mon rythme et avec le petit braquet et en chantant aussi et entre 3 et 5 km je m'arrêtais pour respirer ou bien pour prendre une photo. Ce qui me fait peur sur la route c'est le vent d'en face, celui-là, je ne l'aime pas du tout, pour moi c'est mon ennemi numéro 1, pas la montagne.

Sur cette dernière question, j'ai dit à mes compagnons "bonne nuit" et eux aussi ils m'ont souhaité bonne chance pour le reste de mon voyage.


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La mâtiné, je l'ai passée à la plage d'El Jebha, j'ai bien nagé pour détendre mes muscles après cinq jours de route et plus de 500 Km de pédalage.

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L'après-midi je me suis embarqué dans une "Floka" avec des pêcheurs locaux pour aller à une plage qui se trouve derrière la grande Roche à 200 m de la ville.

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La plage qui se trouve derrière la Roche. Cette photo je l'ai téléchargé du Web seulement pour montrer cette belle plage qui se trouve à quelques mètres seulement  de la ville d'El Jebha cachée par une grande Roche.

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Cette photo je l'ai acheté dans un studio. Pour prendre cette photo, il faut se réveiller de bonne heure au moment où le soleil  se trouve à l'Est et aller sur la grande Roche près du port.

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jeudi 3 février 2011

El Jebha-Ketama

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El Jebha- Ketama en passant par le col de Bab Besen à 1600m d'altitude.


Je me suis réveillé cette fois vers 5h du matin au lieu de 6h comme je l’avais fait pour les étapes précédentes. Une heure de plus pour cette étape montagneuse, c’est très utile.

J’ai quitté la chambre doucement et sans faire de bruit pour ne pas réveiller mes compagnons, j’ai fait descendre ma BMW la première puis je suis monté chercher la sacoche de vélo. Dans le café qui se trouvait au rez-de-chaussée de l’hôtel j’ai trouvé le garçon en train de nettoyer et d’arranger les tables et les chaises, je lui ai demandé un verre de café au lait avec deux petits pains et il m’a dit d’attendre un peu à fin que la machine à café se réchauffe. Au moment où le garçon préparait mon petit-déjeuner, j’ai arrangé ma sacoche, j’ai rempli deux bouteilles d’eau de robinet pour m’arroser sur la route, car je savais d’avance que cette étape me  causerait beaucoup de souffrances.

Après le petit-déjeuner et précisément vers 6h j’ai quitté El Jebha par la route du Sud-est qui mène directement à Ketama à l’Est et Chefchaoune à l’Ouest. Au début la route longe le lit d’une rivière qui descend des montagnes qui se trouvent en face de moi. Rouler dans le sens inverse du courant d’eau d’une rivière cela veut  dire que la pente de la route se  monte. Après 5 km la pente devient de plus en plus très dure.

 

« Elle monte, elle monte la route de Ketama dans les montagnes du Rif, par référence à la chanson de Michel Sardou  « elle court, elle court la maladie d'amour. Dansle cœur des enfants de 7 à 77 ans. Elle chante, elle chante la rivière insolente ... ».

 Durant cette étape je n’ai pas cessé  de chanter des chansons des groupes marocains: Nass Elghiwane, Jil Jilala, El Mechahbe; ce sont mes groupes préférés depuis l’enfance, en plus des chanteurs marocains de la chanson contemporaine : Abdelhadi belkhayat et Abdelwahab doukkali, sans oublier les frères Migri et la chanson populaire marocaine, bien sûr, que j’aime beaucoup aussi. J’ai épuisé tout mon répertoire sans que la montée n'ait disparu ou bien n'ait diminué.

 "Le vélo,  en faire c'est facile, mais dès que ça monte on voudrait bien en descendre !"

Les cols qui se trouvent près de la mer sont en général très durs, le pourcentage de la pente dépasse parfois le 10% et  ils ont un dénivelé plus élevé que les cols qui se trouvent loin de la mer.

La circulation sur cette route entre El Jebha Et Ketama est presque inexistante ; peu de voitures, les taxis sont rares et pour les autocars, il n’y en a pas aucun.

En pleine montée un automobiliste qui était dans la descente, s’est arrêté à côté de moi et il m’a crié de la fenêtre « Mais où vas-tu ? » je lui ai répondu « Je monte vers le ciel » il a éclaté de rire et m’a dit « Allah Yaounk » traduction « Que Dieu t’aide ».

Sur cette route il y avait peu de monde auprès de qui je pouvais me renseigner. A quelques kilomètres du village d’El Had, j’ai rencontré un jeune garçon et  je lui ai dit « Est-ce que c’est la fin de la montée ici ? » il m’a répondu « Ici c’est le début de la montée » et il a ajouté avec un rire ironique « Devant toi, il y a un mur ! »  

Le paysage sur cette route est superbe avec de la montagne, des vallées et de la verdure malgré l’été, sans oublier les champs de Kif qui se trouvent partout ; aux pied et aux sommet des montagnes, près des maisons, près des rivières et au bord de la route aussi. Le Kif dans cette région c’est la plante numéro 1.

Au village d’El Had, j’ai fait une longue pause dans un café, j’ai demandé une limonade et un paquet de biscuits et je me suis assis sur la terrasse pour contempler la montagne surtout celle qui se trouvait encore devant moi.

Après la pause, j’ai pris la route doucement jusqu’au croisement de cette route avec la route nationale qui relie  la ville de Chefchaoune à la ville de Ketama. A ce croisement, il y avait quelques cafés-restaurants et deux ou bien trois épiceries, la plupart de ces restaurants proposaient des sardines grillées, alors j’ai pris une grille avec de la salade, j’ai mangé un peu et j’ai mis  le reste dans ma sacoche, car je n’avais pas voulu remplir mon ventre et la montée était encore devant moi.

Après le déjeuner j’ai pris la route, cette fois la pente était moins dure et la route était roulante, à 20 km de Ketama j’ai franchi le col de Bab Besen qui se trouve à 1600m d’altitude au milieu de la forêt de cèdres. La traversée de ce col a été une vraie délivrance pour moi, après une très longue montée depuis la ville d’El Jebha où j’ai beaucoup souffert à cause de la pente qui dépasse parfois les 10 % et à cause aussi de la chaleur. Après le col, il y a que du plat et de la descente avec de la forêt de cèdres à gauche et à droite de la route jusqu’au Ketama, mais le seul point noir sur ce passage, c’était les vendeurs de Kif et de Haschich qui se trouvaient au bord de la route et qui essayaient par tous les moyens de vendre leur camelote. Au début  je n’ai pas fait attention, mais avec le temps et les kilomètres j’ai pu deviner qui étaient ces « Anges de la route ».

A Ketma j’ai  pris une chambre dans un hôtel qui se trouve au centre-ville au prix de 40 DH la nuit, mais au moment de mon arrivée il y avait une coupure d’eau dans toute la ville, heureusement le garçon de l’hôtel m’a dépanné avec un seau bien rempli d’eau tiède. Ce garçon, qui servait  dans le café qui se trouvait au rez-de-chaussée et qui était aussi responsable de la réception de l’hôtel, m’a rendu beaucoup de services et il a été très gentil avec moi et c’est lui qui m’a convaincu de faire le retour d’Oujda à Kénitra à vélo, car en parlant avec lui du parcours de mon voyage, je lui ai dit «  J’ai l’intention d’aller jusqu’à la ville d’Oujda dans l’Est du Maroc  et de cette ville je prendrai le car pour faire  le retour à Kénitra » et lui il m’a répondu « Ne le fais pas, essayez de retourner à ta ville à vélo. Croyez-moi si tu ne le fais pas, tu vas regretter ça toute ta vie».

Après une heure de repos, j’ai voulu sortir pour faire une visite dans la ville comme je le faisais toujours après chaque étape, mais cette fois ce gentil homme (le garçon) m’a appelé près de la porte de l’hôtel et il m’a dit « Ne part pas loin. Ici, c’est très dangereux pour les étrangers comme toi » je lui ai répondu « Je voudrais seulement aller manger et faire mes prières dans une mosquée » il m’a dit « Si tu veux manger, il y a un restaurant près d’ici et pour tes prières il y a une mosquée en face de l’hôtel », et il a ajouté pour me persuader « Ici, il y a beaucoup de crimes et d’agressions ».

Ketama, c’est la capital du Kif au Maroc et toutes les personnes qui ont une histoire avec la justice viennent dans cette ville pour travailler dans la culture ou bien dans le trafic de cette plante et ça se voit; par exemple à l’entrée de la ville j’ai rencontré plusieurs Bznaza « vendeurs de kif et du haschich » il y a même un Bznaz « trafiquant » qui a essayé de me faire un arrêt par la force en venant devant moi au milieu de la route, heureusement à la dernière seconde il s’écartait de la route.

Après avoir fait mes prières et mangé un peu, je suis retourné au café de l’hôtel et j’ai pris un verre de thé et chaque fois que mon ami et mon ange gardien « le garçon » avait du temps libre, il venait s’asseoir près de moi. Nous avons parlé de beaucoup de choses: de la région de Rif, de Ketama, de mes voyages à vélo et surtout nous avons beaucoup parlé du Kif et il m’a dit « ici le kif  se vend plus que du pain » et ça se voit aussi dans le café où nous étions, il y a que l’odeur du Kif et dans chaque table je voyais du Sebsi qui circulait entre les mains, même sur la terrasse qui occupait une grande place sur le boulevard. Fumer du Sbesi (une pipe made in morocco pour fumer le Kif) dans les autres villes du Maroc en plein public est interdis par la loi. Ici, par contre il n’y a personne qui pouvait interdire ça, et le fameux Sbesi on le voyait partout. Vraiment je n’avais pas aimé cette ville du tout et s’il n’y avait pas ce Garçon de l’hôtel qui m’a beaucoup aidé et qui m’a donné de son temps, je l’aurais quittée dans un Taxi ou bien en autocar pour aller à la ville Targuist qui se trouve à 40 km d’ici sur la route d’El Hocima.

Vers 21h je suis monté dans ma chambre pour dormir le plus temps possible après une étape 100% montagneuse du départ d’El Jebha  jusqu’à l’arrivée à Ketama  et c’est l’une des étapes les plus dures de ce voyage dans le Nord du Maroc.

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De la montagne et des champs de Kif au bord de la route ; c'est ça le paysage de cette route entre El jebha et Ketama.


Ces deux photos je les ai téléchargées du web seulement pour montrer le paysage sur cette route, car les photos que j'avais prises durant cette étape ont  été endommagé et c'est ça le plus grand inconvénient des anciens appareils à pellicule et comme je l’ai dit avant, mon seul regret durant tout ce voyage c’est de ne pas avoir eu un appareil numérique.  

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Une photo prise  par un motard qui s'était arrêté avec ses collègues pour s'approvisionner un peu d'essence "Haschich", car après le col de Bab Besen il y a eu plusieurs vendeurs au détail de Kif et de Haschich au bord de la route.

NB: la voiture qui se trouve derrière moi sur la photo appartient aux "Bznaza" trafiquants.  Sur ce passage entre le col de Bab Besen et Ketama il y a deux sortes de trafiquants: les motorisées et ceux qui ne le sont pas. Ces derniers sont postés sur le bord de la route et semblent faire du stop en n'hésitant pas à brandir de véritables bouquets de Kif au cas où vous n'auriez pas compris.

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Au moment où j’écrivais ces lignes, les autorités marocaines ont décidé de changer le nom de cette ville et ils l’ont nommé Issaguen, car le nom de Ketama était automatiquement lié à la culture du Kif et où trafic de cette plante dans la région du Rif. Ce changement de nom correspond à la volonté du roi Mohamed VI de créer un véritable pôle urbain dans cette petite localité, un des éléments du projet de développement de la région rifaine.

J’espère qu’un jour je retournerai dans cette ville et la trouver très « Propre », car c’est une ville qui a des atouts touristiques extraordinaires, mais malheureusement ils sont mal exploités. Voir des dizains de Trafiquants « Bznaza » au bord de la route et à l’entrée de la ville qui essayent par tous les moyens de vendre leurs marchandises, vraiment c’est honteux pour l’image de la région et l’image Maroc en général. Personnellement en voyant ça, je me croyais en Colombie ou bien au Mexique. Et si on laisse ces « personnes » travailler tranquillement, c’est sûr que le Maroc va devenir comme ces pays-là. 

« Là où il y a de la drogue, il y a toujours danger».


JEBAL RIF  "Les montagnes de Rif" chanson de Saida Fikri.

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mardi 15 mars 2011

KETAMA-AL HOCEIMA

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La huitième étape entre Ketama-Al Hoceima en passant par Targuist sur une distance de 115 km. Une étape 100% descendante


Je me suis réveillé vers 5h 30min, j’ai fait mes ablutions et mes prières du matin puis je suis descendu au café de l’hôtel et j’ai demandé du thé et une omelette. J’ai pris mon petit-déjeuner à la hâte, car j’ai voulu quitter cette ville le plus tôt possible. Vers 6h15min j’ai fait descendre mes affaires et ma Bmw et avant de sortir j’ai appelé mon ami (le garçon du café) qui venait de se réveiller et je l’ai remercié de sa gentillesse et du service qui m’a rendu et lui de sa part, il m’a souhaité bonne chance pour le reste de mon voyage et à cette occasion je le salue et je lui dis merci beaucoup mon Ami « Mohamed ».

Je n’ai pas su son vrai nom, car durant le temps que j’ai passé à Ketama, je l’ai appelé « Mohamed » et lui de sa part, il ne m’a pas dit son vrai nom. Au Maroc, le nom de "Mohamed" c’est un nom qu’on donne toujours à quelqu’un que l’on ne connaît pas et c’est un nom honorable, car c’est le nom de notre prophète.

Vers 6h 30 min j’ai pris la route; à ce moment-là les rues de la ville de Ketama étaient désertes et à la sortie de la ville je n’ai pas rencontré de Bznza « Trafiquants » comme la veille, ils n’étaient pas encore réveillés pour faire leurs « barrages » sur la route et à l’entrée de la ville.

Après ma sortie de la ville de Ketama et durant les dix premiers kilomètres, j’ai eu un peu de difficultés à cause de la pente et de faux plat montant jusqu’au sommet du col de Bab Tizichen qui se trouve à 1580 m d’altitude et après le col je n’ai eu que de la descente et de faux plat descendant jusqu’à l’entrée d’Al Hoceima.

Au Kilomètre 40 et à 2 km seulement de la petite ville de Targuist, j’ai fait une pause dans une épicerie qui se trouvait au bord de la route, j’ai mangé un peu: un yaourt avec un gâteau et j’ai acheté une bouteille de l’eau minérale.

Durant cette étape je n’ai pas beaucoup bu, car il n’y avait pas de chaleur comme l’étape précédente entre El Jebha et Ketama et en plus la plupart du temps j’étais  dans la descente. Cette étape a été la plus facile de tout ce voyage dans le Nord du Maroc. Vraiment, je me suis bien amusé en faisant un peu de « Ski » dans les virages. Des centaines de virages avec un superbe paysage des deux côtés de la route; des montagnes, des vallées, des rivières, des sources et le bonus durant cette étape: c’est le nombre de véhicules sur la route, qui ont été moins nombreux et parfois inexistants ; c’est superbe pour faire du vélo tranquillement et sans le moindre souci à condition d’avoir toujours les mains sur les freins, car il y avait des virages très serrés qu’il fallait négocier avec prudence.

A une quinzaine de Kilomètres d’Al Hoceima, il y avait une route qui menait à Kalah Iris et à Badis, alors j’ai voulu changer le programme du jour et me rendre dans l’un de ces deux lieux, mais d’après les gens que j’ai questionnés au bord de la route et à Ait Kamar, ils m’ont tous dit qu’à Kalah Iris et à Badis, il n’y avait pas d’hôtel et que les maisons à louer étaient trop chères.

Je n’avais pas de chance avec Kalah Iris. En 2000, j’ai été en vacances à Al Hoceima avec un ami et nous avons voulu voir cette plage, mais malheureusement nous n’avons pas trouvé de transport. Cette année avant mon départ de Kénitra j’avais programmé Kalah Iris dans mon voyage, mais à El Jebha j’ai été obligé d’aller à Ketama, car il n’y avait pas de route entre El Jebha et Al Hoceima par la côte. (Aujourd’hui, il y en a une qui passe par la plage de Kalah Iris).

Vraiment, j’avais  une grande envie de voir Kalah Iris et surtout la célèbre presqu’île de Badis (Peñón de Vélez de la Gomera) c’est une enclave espagnole en territoire marocain, que j’avais vue sur des dizaines de cartes postales et j’avais aussi l’envie de voir le lieu du tournage du film d'Abderrahman Tazi qui l’avait filmé dans le village de Badis et qui avait pour titre « Badis ».

Ce film je l’ai vu à la fin des années quatre-vingts à la télé et aussi au cinéma, il raconte l’histoire d’un instituteur de Casablanca qui se fait muter volontairement à la presqu'île forteresse de Badis, pour mieux surveiller son épouse Touria. Il la séquestre à la maison, mais celle-ci se lie d'amitié avec Moira, une jeune fille du village mi-marocaine mi-espagnole. Les deux femmes se sentiront prisonnières et tenteront de fuir.

A 10 km d’Al Hoceima et à un croisement de chemins près d’Ait Youssef Ou Ali, il y avait deux gendarmes et l’un d’eux m’a fait signe de m’arrêter pas pour excès de vitesse ou bien pour vérification de papiers, mais seulement pour me saluer, ils étaient très contents de moi quand ils ont appris que j’étais marocain, ils m’ont questionné sur le parcours de mon voyage et l’un d’eux m’a dit « Est-ce que tu n’as pas eu de problèmes sur la route ? » je lui ai dit de ma tête « non ». II m’a dit « tu as de la chance mon ami ! ». A La façon de me dire (tu as de la chance mon ami) j’avais deviné de quoi il avait voulu parler: de Bznaza bien sûr, trafiquants qui se trouvaient au bord de la route entre la ville de Chefchaoune et la ville de Ketama.

Vers 13 h je suis arrivé à Al Hoceima très en forme après une étape très facile et extraordinaire sur le plan du paysage, et la première chose que j’ai faite en entrant dans cette superbe ville, c’était de faire une visite de souvenir à la plage de Cala Bonita car c’était dans le camping qui se trouvait à côté de cette plage que j’ai passé mes vacances en l’an 2000 avec un ami (voir mes albums photos). C’est une jolie plage, malheureusement ils (les responsables de La ville) l’ont tuée par les égouts du camping et des maisons voisines qui déversaient leurs ordures directement dans la mer.

Après la visite de la plage de Cala Bonita, je suis monté au centre-ville, car il y avait une montée très dure; un vrai mur de 500m. Dans le centre, j’ai trouvé une chambre dans un modeste hôtel pour le prix de 40 DH la nuit.

Après avoir rangé mes affaires et pris une douche, je suis allé dans un restaurant de repas rapide et j’ai demandé un sandwich de viande hachée avec une salade, j’ai mangé lentement et c’était la première fois depuis mon départ de Kénitra que j'ai pris mon déjeuner tranquillement après la fin de l’étape, les autres fois, j’avais mangé sur la route et ce n’était pas bien pour un voyageur à vélo surtout s’il y avait encore du chemin à parcourir et le pire, s’il y avait de la montée à franchir. Après le repas, je suis allé dans ma chambre pour me reposer.

Vers 16 h, je suis sorti pour faire une visite dans le centre-ville puis je suis allé dans un café où j’ai pris un jus d’orange sur la terrasse avec une belle vue sur la plage de Quemado. Le reste de l’après-midi je l’ai passé sur la plage de Quemado et sur la corniche près du port et la soirée je l’ai passée au centre-ville et dans la grande place de Rif. Cette place était très remplie et très animée, car il y avait une soirée musicale organisée par la société Maroc-Telecom.

Vers 22 h, j’ai quitté la place malgré moi, car j’aurais voulu rester un peu pour regarder des musiciens locaux (Des Rifains), mais malheureusement j’étais obligé d’aller dormir pour être prêt pour la prochaine étape. Sur ma route vers l’hôtel, je suis passé dans un restaurant pour prendre un sandwich puis dans une épicerie pour acheter des biscuits et des morceaux de chocolat pour la neuvième étape entre Al Hoceima et Midar, qui d’après mes connaissances, serait très dure pour moi surtout dans la montée de Kassita que j’avais déjà faite en autocar pendant mon voyage vers Nador.

Al Hoceima, c’est une très jolie petite ville et c’est le plus beau site de la côte méditerranéenne marocaine. Nombreuses plages, criques, calanques et promontoires… Tous ces atouts lui procurent les meilleures chances de devenir un jour, une station balnéaire réputée. Vraiment c’est une très jolie petite ville et elle mérite bien le nom de la perle de la Méditerranée et si un jour quelqu’un me demande quelles sont les villes que tu as appréciées durant ton voyage au tour du Maroc ? Je répondrai et sans la moindre hésitation : la première ville c’est la ville d’Al Hoceima sur la côte méditerranéenne dans le nord du Maroc et la seconde ville c’est la ville de Sidi Ifni sur la côte atlantique dans le Sud du Maroc et la troisième ville c'est la ville de Larche dans le Nord du Maroc sur la côte atlantique. Ces trois villes ont plusieurs liens communs, malgré l’éloignement géographique, elles sont très jolies, très petites, très propres…. Elles ont une population très modeste et elles ont aussi un paysage magnifique dans les environs. Je les ai beaucoup aimées  et si j’avais la possibilité, je vivrais dans l’une d’elles.


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Sur la route, j'ai voulu changer le programme du jour et aller à Cala-Iris (Kalah Iris), mais malheureusement il n'y avait pas d'hôtel dans cette région.
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L'arrivée à Al Hoceima, près de la plage de Cala Bonita.
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La plage de Cala Bonita, de loin, c'est une superbe plage mais de près, c'est une vraie catastrophe écologique avec des égouts qui passent au milieu des baigneurs.
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La plage de Quemado. Très jolie petite plage, mais elle est très surpeuplée pendant l'été.
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Cette plage est bordée par un hôtel qui porte le même nom.
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le nouveau port d'Al Hoceima, qui va contribuer au développement de cette région de Rif.

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Ce grand port va tuer la plage de Quemado, si les autorités ne font pas attention.

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Près de la plage de Quemado. 3 DH pour l'entrée à la plage.
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La soirée, je l'ai passée sur la place de Rif.
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Ces quatre photos en dessous, je les ai achetées dans un Studio. Elles représentent deux enclaves espagnoles en territoire marocain.

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La presqu'île de Badis,j'aimerais l'avoir un jour.
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La presqu'île de Badis (Vélez de la Gomera )


La presqu'île de Badis (Peñón de Vélez de la Gomera ) est située près du village de pêche Torres qui fait partie du cercle de Bani Boufrah-Targuist, province d'Al Hoceima.

Incluse dans les eaux territoriales marocaines, sa superficie est de 1,9 hectare et son altitude est de 87 mètres. Occupée une première fois vers 1508 par Pedro Navarro, et après de nombreuses reprises et conquètes, elle est tombée sous la domination Catalane sous Felipe II en 1564. Actuellement, elle est rattachée administrativement à Melilla et compte en permanence une cinquantaine de soldats de l'armée de terre espagnole. Mais leur nombre évolue en fonction de la conjoncture politique maroco-espagnole.Elle est ravitaillée à partir de Melilla, par bateau et par hélicoptère (45 minutes de vol).
 
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La plage d'Asfiha (elle est Marocaine) face à l'îlot de Nkour "Peñón de Alhucemas" (il est espagnol). Cet îlot est une résidence surveillée espagnole.

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Le Peñón de Alhucemas (rocher d'al-hoceima) est une petite île de 70 m de longueur, 50 m de largeur. Elle est occupée par un fort, quelques maisons et une église. Cette île est située à 300 m au large du Maroc.
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lundi 11 avril 2011

Al Hoceima-Midar

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La neuvième étape entre Al Hoceima et Midar en passant par Kassita sur une distance de 98 Km.


Le réveil à 6h du matin cette fois et comme d’habitude après le réveil, j’ai fait mes prières,  j’ai ramassé mes affaires, je me suis massé les jambes et j’ai fait des mouvements dans la chambre pour détendre mes muscles et les réchauffer aussi avant de prendre la route puis je suis sorti de l’hôtel pour aller prendre mon petit déjeuner. Cette fois à Al Hoceima je suis allé dans un café populaire où l’on servait que du thé avec Harcha et Meloui (des galettes made in Morocco), alors j’ai demandé un morceau de Harcha avec un verre de thé et une omelette. Le matin, j'ai bien mangé  pour éviter de prendre de repas sur la route, car sur le vélo je n’avais  comme nourriture que des biscuits, des morceaux de chocolat et de l’eau, toujours de l’eau. L’eau est une matière vitale et essentielle pour un cycliste. 

Après le petit déjeuner, j’ai pris la route doucement. A la sortie d’Al Hoceima il y avait une montée de 500m puis du faux plat montant jusqu’à Ait Youssef Ou Ali où j’ai tourné à gauche pour prendre la route de Nador en laissant à ma droite la route de Ketama que j’avais empruntée  la veille.

Après Ait Youssef Ou Ali, la route longeait le lit de l’Oued Nekor dans la région d’Ajdir et la région de Ben Bou Ayach et comme je l’ai dit avant; rouler dans le sens inverse du courant d’eau d’une rivière cela veut dire que la route est montante. J’ai roulé pour un long moment dans le faux plat montant et c’etait très dur de rouler dans le faux plat montant pour une longue distance et  parfois c'est plus dur qu’une montée.

Après le pont Nekor la route commençait à se lever d’une manière considérable dans un paysage lunaire ; pas le moindre arbre au bord de la route pour s’abriter du soleil, car ce jour-là, il y avait un soleil de plomb. Avec le temps et les kilomètres la pente devenait de plus en plus dure. J’ai beaucoup souffert dans cette montée à cause bien sûr de la pente et de la chaleur et à cause aussi de sa longueur; plus de  20 km de souffrance dans une montée chauve et épuisante même les grands véhicules : camions ; autocars « souffraient » eux aussi dans cette montée et ça se voyait par l’immense fumée qui se dégageait de leurs moteurs. Même les chauffeurs de ce genre de véhicule qui étaient dans la descente avaient toujours les pieds sur les freins; ça montre aussi que la pente était très élevée et les virages étaient très serrés.

J'ai monté ce col très doucement et à mon rythme avec le petit braquet bien sûr (Entre  8 et 10 km/h) et comme le dit le proverbe  « Après la pluie, le beau temps », moi je  disais  toujours « Après la montée, la descente ». Je disais ça pour me consoler et pour oublier la peine et la difficulté  que me causait  la montée surtout comme celle-là.

Au kilomètre 62, j’ai franchi le point culminant de cette montée, qui a reçu le sobriquet évocateur de toboggan. Cette montée était le dernier sommet pour moi dans ce voyage dans le Nord du Maroc et précisément dans la région du Rif.

Vers midi, je suis entré dans Kassita; un petit village du Rif. Dans un café-restaurant, j’ai pris un morceau du poulet avec des frites et de la sauce tomate, j’ai mangé un peu et j’ai mis le reste dans un morceau de pain et je l’ai laissé pour la fin de l’étape, car je ne voulais pas remplir mon ventre et la route était encore devant moi.

Après une longue pause, j’ai pris la route doucement dans une région plate, pas la moindre difficulté sur cette route  jusqu'à la ville de Midar.

A Midar, j’ai pris une chambre dans un petit hôtel, très joli et très propre. C’était le seul hôtel de la ville à ce temps-là. Le propriétaire m’a bien accueilli, il a été serviable et très gentil  avec moi.

Dans la chambre j’ai arrangé mes affaires comme d’habitude, j’ai pris une douche, j’ai lavé mes sous-vêtements puis j’ai complété le reste du déjeuner que j’avais pris à Kassita après, je me suis allongé sur le lit et j’ai fermé mes yeux pour un long moment.

L’après-midi, j’ai emmené ma (BMW) chez un réparateur de vélo pour changer un fil de frein qui a commencé à ne plus répondre tout de suite. Après le changement du fil j’ai demandé au mécanicien de lui faire une « visite » totale. Heureusement tous les accessoires (dérailleurs, freins, chaine, plateaux, rayons…) étaient en  bon état.

NB : avant mon départ de Kenitra, j’avais fait une révision totale de mon vélo, j’avais changé les rayons, les boyaux et les patins… J’ai dépensé 300 Dh sur ma petite reine  Et comme dit un proverbe marocain que j’aime beaucoup « thla fi hemyrk tehj alih » traduction: Prends soin de ton âne, il t'emmènera à La Mecque.

Après cette visite j’étais très content et très satisfait  de ma Bmw, de sa « résistance » et de sa performance aussi après avoir parcouru plus de 800 km de route et la traversée des montagnes de Rif  et comme dit le proverbe « c'est dans la difficulté qu'on reconnait  »

Pour faire un voyage comme celui-là ? Il faut avoir une bonne « monture», un vrai vélo  de combat  et ce « Bmw »  que j’avais eu pendant ce voyage a été un vélo de marque Décathlon made in France, un vélo de très bon qualité; très léger et très robuste  avec des accessoires d’origine et de bonnes marques.

Après le coucher du soleil, j’ai fait une visite dans le Souk et sur le Boulevard. Midar est une petite ville avec un seul boulevard qui divise la ville en deux parties et dans ce grand boulevard on trouve: cafés, boutiques, épiceries, restaurants…..

La soirée je l’ai passé sur ce boulevard, en faisant le va et vient, et en passant près d’un studio qui se trouvait près du centre-ville, j’ai vu dans la vitrine des photos d’un voyageur à vélo. J’ai demandé au propriétaire qui était ce monsieur, il m’a dit « c’est un habitant de Midar qui avait fait le tour du Maroc à vélo ». J’ai voulu le rencontrer, mais malheureusement, il n’était pas en ville.  J’ai voulu aussi acheter l’une de ces photos, mais malheureusement aussi le propriétaire m’a dit d’attendre jusqu’à demain matin, car il ne pouvait pas la développer ce soir-là. Personnellement je ne pouvais pas attendre, car le matin, j’allais quitter Midar de bonne heure.

Pas de chance! À ce temps-là, il n’y avait ni ordinateur, ni internet, ni scanner, ni clé USB… ni rien du tout pour avoir une photo facilement, ce n’est pas comme aujourd’hui où tout est possible dans un clin d'œil.  A cette occasion, je profite de l’internet pour lancer un appel à tous les habitants de Midar pour me trouver l’adresse de ce Monsieur, car je veux  le contacter et merci.

Après la dernière prière de la journée (El Aaicha) je suis allé à l’hôtel après avoir acheté les provisions nécessaires pour l’étape suivante: biscuits, chocolats, eau minérale…

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Au pied du col de Kassita il y avait un peu de verdure, mais au sommet de ce col pas le moindre arbre pour s'abriter du soleil.

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Un paysage lunaire au sommet du col.

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Dans cette montée vers Kassita j'ai beaucoup souffert à cause de la pente, de la chaleur et de la longueur de cette terrible montée.

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Grand hommage à Ma Petite Reine. Chapeau !

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 La nuit dans l'hôtel en train de préparer la dixième étape entre Midar et... À ce moment-là je n’avais pas encore su ma destination. J’avais deux itinéraires  pour aller à la frontière Est du Maroc et précisément à la ville de Oujda sur deux étapes. L’itinéraire N1 par la route côtière en passant par Nador,Ras El Ma et Saidia. L’itinéraire N2 par Nador, Berkane et Saidia.

NB: Près de la ville de Nador, j’avais pris le deuxième itinéraire, car il n’avait pas de route entre Ras El Ma et Saidia à ce temps-là.  (Aujourd’hui, oui).      

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jeudi 28 avril 2011

Midar-Berkane

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De la ville de Midar à la ville de Berkane en passant par Selouane dans la région de Nador sur une distance de 141 Km. C'était la plus longue étape de ce voyage dans le Nord du Maroc.


J’ai quitté la ville de Midar pour aller à l’Est du Maroc, mais ce jour-là  je n’avais pas une destination précise, car j’avais trois choix à faire entre la ville de Nador, la plage de Ras El Ma et la ville de Berkane.

NB: La veille dans la chambre de l’hôtel à Midar, j’avais  décidé de faire mon choix sur la route entre ces trois destinations, car j’avais besoin des informations surtout sur la plage de Ras El Ma (Cap d'eau) qui se trouve entre Nador et la station balnéaire de Saïdia.

La route de la ville de Midar vers les autres villes de l’Est du royaume du Maroc est plate pas la moindre difficulté. C’était fini la montagne ! Les montagnes de Rif, je les ai laissées derrière moi. 

J’ai roulé doucement (Entre 20 et 25 km à l’heure) jusqu’à au village de Selouane qui se trouve dans un croisement de chemins à 14km de la ville de Nador. Dans ce village j’ai fait une pause et je me suis renseigné à propos de la plage de Ras El Ma (Cap d'eau) et la plupart des gens m’ont dit qu’il n’y avait pas d’hôtel là-bas et qu’il n’y avait pas de route goudronnée par la côte pour aller à cette plage puis à la station balnéaire de Saïdia. Alors, j’ai décidé de prendre la route de l’est vers la ville de Berkane et de laisser à ma gauche la route qui menait à la ville de Nador, car cette ville je l’ai déjà visitée en plus il n’y avait rien d’intéressant à voir dans la ville sauf bien sûr pour acheter quelque chose moins cher, car à ce temps-là cette ville a été la capitale de la contrebande au Maroc à cause de sa proximité avec la ville marocaine occupée, Melîlia. Les souks de Nador étaient remplis par de marchandises de  contrebande venues d'Espagne ou bien des pays de l’Asie du sud.

La route entre Selouane et la ville de Berkane est plate, et au bord de la route, il y avait des centaines  de vendeurs d’escargots qui proposaient à leurs clients des dizaines de variétés de cette petite bestiole: petite, grande, blanche, grise, jaune, rouge… Je me suis  bien amusé en faisant plusieurs arrêts à côté de ces vendeurs qui étaient très gentils avec moi. La plupart d’eux m’ont invité à boire un verre de thé ou bien à manger quelque chose avec eux, mais je ne pouvais pas accepter leurs invitations, car la route m’attendait et je devais rouler pour arriver à Berkane au moins avant 16h à fin qu’il me restait du temps pour visiter la ville. 

Après le pont international sur l’Oued de Moulouya, j’ai fait une longue pause dans un petit café, j’ai mangé un peu: deux œufs avec des tomates (BM: c’est comme ça qu’on nomme ce plat ici au Maroc surtout dans le milieu des'étudiants). J’ai mangé un peu comme d’habitude et j’ai laissé le reste pour la fin de l’étape, car la plupart du temps après avoir pris une douche je n’avais qu’une seule envie; c’était de m’allonger sur le lit et dormir un peu, c’est pour cette raison que je laissais toujours dans la sacoche à vélo quelque chose à mettre sous la dent. Avant de quitter ce lieu, j’ai pris une limonade, j’ai bu un verre et j’ai laissé le reste pour la route cette fois.

Après la pause j’ai pris la route avec un invité d’honneur "un vrai fardeau ", c’est Monsieur le Vent ! Depuis ma sortie de la ville de Midar, il a été dans mon dos, mais après le pont international sur l’Oued de Moulouya, il a changé « le visage » et la direction à 1800 et il est devenu mon ennemi pour le reste de cette étape après avoir été mon ami durant un long moment.

« Il ne faut jamais se fier au vent ».

J’ai beaucoup souffert de ce changement brusque de la direction du vent surtout qu'il est survenu  à la fin de l’étape au moment où toutes mes forces étaient épuisées après avoir roulé plus de huit heures, heureusement dans ce passage entre le pont international sur l’Oued de Moulouya et la ville de Berkane, il y avait des haies de fermes et des arbres au bord de la route qui ont diminuéun peu la force de ce vent très fort qui a sorti de nulle part. Je me suis demandé où il était caché.

Vers 16 h, je suis arrivé dans la ville de Berkane, la capitale de l’orange au Maroc. Ici l’orange est partout, j’ai vu des dizaines de fermes de cet agrume au bord de la route. La couleur orange est la couleur numéro 1 de la ville; les taxis sont de couleur orange, les clubs de toutes les disciplines sportives de la ville qui participent aux championnats nationaux ont des maillons orange. Dans le centre-ville, il y avait une grande sculpture dédiée à l’Orange (voir la photo en dessous).   Vraiment  Berkane est la capitale de l’Orange par excellence.

Dans le royaume du Maroc il y a la capitale administrative comme les autres pays du monde, c’est la ville de Rabat et il y a aussi la capitale économique, c’est la ville de Casablanca et il y a aussi d’autres capitales régionales et tribales comme par exemple : Agadir la capitale du Souss, Kénitra la capitale du Gharb, Oujda la capitale Orientale, Khénifra la capitale de Zayane, El Jadida la capitale de Doukhala… Il y a aussi des capitales lièes à une activité agricole ou bien artisanale comme par exemple; Safi la capitale de la poterie, Arfoud la capitale des dattes, Tafroute la capitale des amandes, Tamanar la capitale de l’arganier… Sans oublier bien sûr la ville de Fès, la capitale spirituelle du Royaume.

A Berkane, j’ai pris une chambre dans un hôtel qui se trouvait au centre-ville au prix de 30 Dh la nuit sans douche (il n’y en avait pas). Cet  hôtel est très grand en espace avec un grand café au rez-de-chaussée, malheureusement il était malpropre avec des chambres très grandes, mais eux aussi étaient sales. « Tel père, tel fils » comme dit le proverbe.

Après avoir arrangé mes affaires, j’étais dans l’obligation de sortir pour aller chercher une douche. Heureusement, je l’ai trouvée pas loin de l’hôtel au prix de 10 Dh.

Vers 18h, je suis sorti pour faire une visite dans la ville. Berkane, c’est une petite ville avec un seul boulevard et sur ce boulevard, il y avait tous les commerces: cafés, restaurants, hôtels, pâtisseries, boutiques… Il y avait aussi beaucoup de monde, surtout après le coucher du soleil, qui faisait le va-et-vient sur ce long boulevard.

Après avoir mangé dans un restaurant, je suis monté dans ma chambre pour dormir, car j’étais très fatigué après cette longue étape de 141 km et avec le vent de face dans les vingt-cinq derniers kilomètres. Dans la chambre je n’avais pas pu fermer l’œil à cause de la chaleur et à cause aussi de la mauvaise odeur qui régnait dans la chambre. Une odeur de saleté et de la moisissure sur les murs, alors j’ai décidé d’aller dormir sur le balcon là où il faisait frais avec un peu d’air et là aussi, un autre problème qui est survenu après minuit: des klaxons des voitures pour fêter un mariage ou bien des mariages. Des dizaines de convois de voitures qui passaient tous les 30 min ou bien plus (je n’avais pas pu savoir le temps exact et je n’avais pas pu savoir aussi, si c'était le même convoi ou bien s'il y en avait d’autres). De loin j’ai entendu de la musique « chaâbi » mais je n’avais pas pu savoir le nombre de mariages à cause des échos qui se répondaient dans toute la ville. Ce carnaval de klaxons a duré de minuit jusqu’à l’aube. Je n’ai pas pu fermer l’œil mêmes quelques minutes.   

Le matin (à l’aube), en prenant mon petit-déjeuner dans le café de l’hôtel qui se trouvait au rez-de-chaussée et qui était ouvert jour et nuit, j’ai parlé avec le garçon au sujet des klaxons de voitures la nuit et il m’a dit « Zemagriya (les immergés Marocaines en Europe) viennent ici seulement pour faire la fête ». Je lui ai dit « Est-ce que c’est comme ça toutes les nuits ? » il m’a répondu « Oui, mais seulement pendant l’été » et il a ajouté « Les klaxons des voitures que tu as entendus la nuit ne viennent  pas seulement des mariages, parfois des "ivrognes" qui rentrent tard la nuit de la plage de Saïdia passent par ici les mains sur les klaxons ». Au moment où j’étais en train d’arranger mes affaires sur le vélo, un autre convoi est passé; le garçon m’a regardé et il a dit « Est-ce qu’ils peuvent faire cela en Europe ?». Ma réponse a été: non, bien sûr.   

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A quatorze kilomètres de la ville de Nador, j’ai décidé de ne pas aller à cette ville, car je l’ai déjà visitée en plus il n’y avait rien d’intéressant à y voir, mais dans ses régions, oui. C’est pour cette raison que j’avais voulu aller à la plage de Ras El Ma Cap d'eau), mais malheureusement il n’y avait pas de route goudronnée par la côte méditerranéenne jusqu’à Saïdia (Aujourd’hui, oui).

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Sur la route entre Nador et Berkane avec un vendeur d’escargots. Il m’a dit de lui laisser le vélo et de prendre sa place près des escargots.

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Cette route je l’ai nommée « la route des escargots » parce qu’il y avait plusieurs vendeurs d’escargots les uns près des autres au bord de la route. Je me suis demandé où est-ce qu’ils ont ramassé toutes ces petites bêtes.

Cette route est plate, pas la moindre difficulté jusqu’à la ville de Berkane. Vraiment, elle faite pour les escargots !

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Oued de Moulouya, l’un des plus longs fleuves de l’est du Maroc. Cette rivière est à 25 km de la ville de Berkane
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A l’entrée de la ville Berkane près d’une cascade artificielle.

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Une sculpture au centre de la ville de Berkane à l’honneur de l’orange.

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jeudi 9 juin 2011

LE RIF

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L'itinéraire de la première partie de mon voyage à vélo dans le Nord du Maroc. C’est l’un des itinéraires les beaux de tout le Royaume du Maroc. J’aimerais le refaire un jour à vélo bien sûr.


La fin de la première partie de ce voyage à vélo dans le nord du Maroc. En général cette première partie de onze jours a été superbe et très intéressante sur tous les plans: touristique, sportif, culturelle… Je me suis bien amusé de ma sortie de la ville de Kénitra dans l’ouest du Maroc sur l’Atlantique jusqu’à mon arrivée à la ville d’Oujda à l’est du Maroc près des frontières algéro-marocaines en passant par le Rif. Durant ce trajet de plus de Mille kilomètres, j’ai traversé des dizaines de villes et des centaines de villages, je n'ai vu que de beaux paysages ; des plages, des criques, des montagnes, des vallées, des rivières, des sources… J’ai rencontré des centaines de personnes au bord de la route, dans les cafés et aussi dans les hôtels où j’ai passés mes nuits. Vraiment cet itinéraire est l’un des plus fantastiques de tout le royaume et je le conseille pour tous les amateurs du voyage à vélo.

NB: aujourd’hui, il y a une route 100% côtière de la ville de  Tanger jusqu’à la station balnéaire de Saïda, mais il est préférable de faire un peu de côte et un peu de montagne.

Cette région du Maroc est un peu inconnue par beaucoup de marocains et elles sont rares les personnes des autres régions du Royaume qui voyageaient ici pour passer leurs vacances, car la plupart d’entre eux préférent la côte atlantique et ces célèbres plages: Asila, Larache, Moulay Bousselham, Mehdiya, Bouznikha, Skhirat, Mohammedia, Azmmour, Elhaouziya, El Oualidia, Souira Kédima, Essaouira,Trhazoute, Agadir, Aglou, Mirhleft, Sidi Ifni… .Personnellement j’ai vu toutes ces plages de la côte Atlantique et j’ai vu aussi les plages de la côte méditerranéenne et je dirais avec sincérité pour tous les amateurs de la nature que la côte méditerranéenne du Maroc est beaucoup plus jolie que la côte Atlantique avec des plages extraordinaires, des criques, de la falaise et le bonus sur cette côte; c’est la montagne qui a donné un charme de plus à cette côte de 500 Km. Le seul point noir sur cette côte c’est le Kif et le haschich surtout entre Oued Laou et Ketama en passant par El Jebeha et on peut ajouter aussi à ce point noir la contrebande et l’immigration clandestine. Tous ces éléments d’insécurité n’encourageaient pas les gens à voyager dans cette région, mêmes les opérateurs touristiques ne prenaient pas le risque d'envoyer leurs clients dans le Rif et personnellement je n’ai pas vu un seul autocar touristique sur cette route surtout entre Oued Laou et Ketama en passant par El Jebeha et la plupart des touristes qui voyageaient ici, ils  venaient seulement pour le K… Vraiment il y a danger sur cette route surtout dans les environs de Ketama où j’ai vu des dizaines de Bznaza (trafiquants) qui essaient par tous les moyens de vendre leurs marchandises à des routiers en faisant des « barrages » au bord de la route.     

A la fin voici un article que j’ai lu sur ce site www.lexpress.fr et qui décrivait  bien cette région du Rif et la côte méditerranéenne marocaine de Tanger jusqu’à la station balnéaire de Saïda. Cette côte de 500 Km que j’aimerais un jour  revisiter à vélo bien sûr et avec mon fils qui a aujourd'hui quatre ans et un vélo de quatre roues.

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Bonne route mon enfant !


 

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Les dix étapes de ce voyage à vélo dans le Nord du Maroc.

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L'article intégral de Lexpress.fr

Connaissez-vous la côte du Rif? Non? Normal, en France, les tour-opérateurs ignorent superbement ces 500 kilomètres de côtes splendides, bordées par la Méditerranée et qui s'étendent, dans le nord du Maroc, entre Tanger et l'Algérie. De Tétouan, notre route vers l'est sera donc solitaire et longera, sur 130 kilomètres, plages désertes et criques secrètes, gorges et falaises jusqu'à El-Jebha, le terme de notre voyage, où la route quitte les rivages pour s'enfoncer dans la montagne vers Ketama.

Peu nombreux sont les visiteurs à s'aventurer en terre rhomara. A l'ombre des sommets du Rif, mer et montagne se confondent pour donner naissance à une côte sauvage, escarpée et superbe. Pourtant, personne ne vous incitera à vous aventurer dans cette direction. Ni les guides, tout occupés à résumer les beautés du Rif à la seule ville de Chechaouen, là-haut dans la montagne, et pour qui le bord de mer demeure terra incognita, ni les habitants d'Oued Laou, l'une des seules bourgades de la côte, qui vous montreront d'une main résignée le meilleur moyen de rejoindre ces mêmes sentiers occupés par des caravanes de touristes. Non pas qu'on ne veuille pas de vous, mais, là-bas, «il n'y a rien à voir». Oualou («rien»). Et pourtant… Oualou, cela veut dire pas d'hôtel, pas de cartes postales et pas de marchand de tapis. Voilà qui soulagera le portefeuille. Les sens, en revanche, seront plus sollicités qu'à l'accoutumée. Au point de se demander par quel miracle la côte des Rhomara a été épargnée…

Le Rif marocain est la région la plus isolée du pourtour méditerranéen. Le désenclavement des provinces du Nord est désormais un objectif prioritaire du roi Mohammed VI, mais, pour l'instant, les aides de l'Etat ne profitent qu'aux rives du détroit de Gibraltar. Là-bas, vers Tanger, le développement économique défigure le littoral: les bétonneuses sont déjà à l'œuvre. En attendant qu'elles atteignent les Rhomara, prendre à gauche le long de la côte, c'est encore un peu partir à l'aventure. Pour aller à Oued Laou, il faut quitter tout d'abord Tétouan par la route côtière. La bande goudronnée se rétrécit et annonce rapidement la couleur: les amortisseurs de la voiture seront mis à rude épreuve. Du cap Mazari, la vue est imprenable. A l'ouest, le djebel Moussa, Cabo Negro et la presqu'île de Ceuta se chevauchent à l'horizon. Derrière, on devine même le rocher de Gibraltar, perdu dans la brume. Là-bas, c'est le détroit. Ici, commence vraiment la mer Méditerranée. Comme pour mieux nous en convaincre, la terre, rouge, s'est donné des airs de maquis corse: le chant des cigales couvre presque le bruit des grands taxis. On les entend venir de loin, serpentant entre les forêts de pins, rétrogradant péniblement dans les virages en épingle. Ici, la montagne se jette dans la mer et la route épouse les accidents de la nature. Elle dévale des pentes vertigineuses, remonte l'embouchure des oueds, fait volte-face à l'entrée de canyons profonds, tergiverse tant et si bien qu'il devient inutile de compter les kilomètres. En bas, au fond des calanques, se cachent des plages de sable noir. Pour y aller? Au mieux, un petit sentier escarpé. Mais, à l'arrivée, la baignade est à la mesure de l'effort: mer d'huile, eau limpide et plage déserte…

Avec ses riches villas alignées le long de la plage, la petite station balnéaire d'Oued Laou ne vit que l'été. En revanche, à quelques kilomètres, Beni Said se réveille chaque semaine. C'est à croire que toute la montagne s'est donné rendez-vous au souk du samedi: un océan de chapeaux de paille, arrivés à cheval, à pied, à bord de bus fatigués ou de grands taxis surchargés. Les femmes se sont enveloppées dans leur plus beau mindel, la couverture traditionnelle rouge et blanc. Des hommes endimanchés sirotent leur thé à l'ombre des eucalyptus.

Mais il faut reprendre la route. Le paysage devient plus aride. Au détour d'un virage, quelques paillotes font office de restaurant. Au menu, des sardines grillées, passées directement du filet au barbecue. Sous les cannisses, trois gamins jouent au baby-foot. Bienvenue à Targha. A l'ombre des ruines du fort portugais s'étend une longue bande de sable. La plage serait déserte si un jeune soldat ne la gardait pas. Contre quoi? «Le trafic…» Réponse évasive qui n'ose avouer l'envers du décor. Lequel ne tardera pas à se dévoiler sans ambages. Car après Targha, impossible d'échapper aux champs de cannabis qui dévalent jusqu'à la mer. Vous pouvez admirer la luxuriance inattendue du paysage, mais ne vous en approchez surtout pas. Au rayon dégustation, on ne saurait trop vous conseiller d'opter pour un sage et traditionnel thé à la menthe sur la plage de Bou Ahmed. Ici, le vent d'est, le chergui, a dû un jour arrêter les horloges. Trois barques bleues sont alignées sur le sable… Au fur et à mesure que l'on avance vers l'est, la route dévoile de nouvelles baies, enjambe des caps toujours plus hauts. Sur le bas-côté, des enfants aux yeux clairs gardent un troupeau de chèvres alpinistes. Aux points culminants, la vue se multiplie, des dizaines de fois. Ocre, grise, rose, selon l'humeur et le soleil, la côte se pare de ses plus beaux atours.

El-Jebha se voit de loin. Le petit port de pêche s'est niché à l'ombre d'une montagne blanche. Ici, les journées se vivent au rythme des sorties en mer. La nuit, des lumières vacillent au large. On pêche à la lanterne: les poissons se précipitent vers la lumière, il ne reste plus qu'à les cueillir. En échange de quelques dirhams, Mokhtar se fera un plaisir de transformer sa barque en vedette touristique. L'esquif quitte le port et contourne la pointe des Pêcheurs, percée de grottes. Plus loin, la mer a sculpté un cirque naturel dans le calcaire. Aujourd'hui, un voilier est au mouillage dans la lagune. Sur le chemin du retour, un banc de dauphins improvise une parade inoubliable, comme s'il voulait nous persuader de l'inestimable rareté de ce rivage.

A El-Jebha, après avoir hésité pendant 130 kilomètres, la route quitte la mer et remonte vers les crêtes. Une piste de terre rouge invite les vrais aventuriers à poursuivre le voyage. Plus loin, les plages sont-elles encore plus désertes, les criques plus sauvages? Le Rif n'a pas encore livré tous ses secrets.


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